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Les indiens Kogis de Colombie

Héritiers d’une culture Ancestrale, les indiens Kogis sont les derniers descendants de l’une des plus grandes civilisations d’Amérique Latine.

Photographe résidant près de la Sierra Nevada de Santa Marta depuis 4 ans, j’ai eu le privilège de partager des moments extraordinaires avec cette culture unique. 

Je vous partage ici tout ce que j’ai pu apprendre aux côtés des Koguis ces dernières années : culture,  tradition,  croyances, etc…

INDEX

Qui sont les Kogis ?

Histoire : Les Taironas,  la conquête espagnole

Ou habitent les Kogis : Sierra Nevada, Territoire, Accès

Société :  population, langue, économie, organisation sociale

Croyances  : Serwankwa, La nature, L’équilibre, les offrandes

Traditions : Cérémonies, le mariage, les enterrements

Art et culture : Mochilas, poteries, vestimentaire, musique et danses

Comment aider les Kogis ?

Articles complémentaires :

* Galerie Photo des Koguis

* La Sierra Nevada de Santa Marta

Qui sont les Koguis
Histoire
Territoire
Population
Langue
Croyances
Organisation Sociale
Villages et Maisons
La Famille
Economie
Alimentation
Santé
Education
Coutûmes et Traditions
Art et Culture
Le Messages des Kogis
Comment aider les Kogis ?

Qui sont les Kogis ?

La communauté Kogi est un peuple natif qui habite la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie. Ils se surnomment eux même les « Grands frères » et pensent avoir une connaissance et une perception mystique supérieure aux autres. Ils se réfèrent aux autres communautés comme les « petits frères » (hermanos menores). 

 

Enfant Kogi dans sierra nevada santa marta en colombie
Crédit photo © Tristan Quevilly

D’ou vient le mot Kogi ?

Les kogis  sont aussi connus sous le nom de Kogis., kouguian, kogi, cogui., et kággabba.

Le mot Kággabba signifierait selon les anthropologues « les Vrais Gens ». D’autres disent « Fils du Jaguar ». 

Histoire Des Kogis

 

Epoque Pré-Colombienne

Dans les contreforts de la Sierra Nevada, il existait une culture représentée par plusieurs groupes ou tribus apparemment exogames, à savoir les Kogis, les Tayrona (ou Tairo) et les Matúna.

Selon Reichel-Dolmatoff, à la suite de la conquête espagnole, les groupes côtiers se sont partiellement acculturés mais d’autres, comme le Guanebucán, et les Matúna (kurcha-túxe) ont également fui dans les montagnes de la Sierra. La tribu actuelle des Kogis est ainsi formée de l’ancien noyau Kogi et de membres des Guanebucán, Tairo, Matuna et même de Sanka (ou Wiwa), intégrés à l’ancienne organisation sociale.

Les Taironas

Les Taironas était organisés sous formes de règnes de Caciques. Ces groupes étaient situés autour de 3 villes principales qui étaient Pocigüeica, Bonda et Taironaka. Chacune de ces cités avait un cacique principal qui dirigeait les caciques mineurs des villages alentours.

Cacique tairona Xebes
Xébes, lun des plus grands Caciques Taironas
Cacique Tairona

L’organisation sociale était déjà très développée, et chaque communauté jouait un rôle différent dans la société. De nombreuses routes et sentiers pierres dédiés aux échanges commerciaux tissaient depuis plusieurs siècles la Sierra Nevada.

famille taironas

Le fait qu’ils avaient déjà un grand réseau de communication leur à prévalu le titre de « Civilisation » selon les critères des espagnols, au même titre que les Muiscas, les Incas et les Mayas.

Origine du Mot Tayrona

Le mot Tairona viendrait de Tairo qui signifie « Orfèvre » ou « fonderie » en langue indigène. En effet au musée de l’or de Santa Marta, on trouve des statuettes magnifiques, d’une grande finesse réalisées par les taironas. Ce sont parmis les plus belles pièces de Colombie

L’Arrivée des espagnols

S’élevant à 5775m au dessus du niveau de la mer, ce sont les sommets enneigés de la Sierra Nevada qui auraient attiré l’équipage de Rodrigo de Bastidas en 1501 vers les côtes Caraïbes Colombiennes.

Peinture par Frederic Edwin Church, Sierra Nevada de Santa Marta, 1883.
Sierra Nevada de Santa Marta, 1883. - Frederic Edwin Church

Lorsqu’ils sont arrivés, les indigènes vivaient pratiquement de la même manière qu’ils vivent aujourd’hui.

"Metate": outil traditionnel pour moudre le grain

D’abord établis vers les eaux calmes de Gaira, Rodrigo de Bastidas fonda 24 ans plus tard l’une des premières villes d’Amérique Latine : Santa Marta. Avec un objectif : construire la ville de ses rêves et de faire une conquête civilisée sans massacres ni persécutions.

Rodrigo de Bastidas qui, malgré ce qu’on dit, était tombé amoureux de la culture et entretenait des relations amicales avec les populations locales. Ce qui provoqua la rage de ses hommes.

Ceux ci réclamaient de l’or et du sang, ils étaient venus pour ca. L’épée au poing il partirent rapidement à la chasse aux indigènes et assassinèrent Rodrigo de Bastidas peu de temps après.

(voir article « un Gran Relato de Amor« ).

La Noche :

Dès lors commença ce que les Kogis surnomment « La Noche », le côté obscur s’emparait de la Colombie.

Face aux hommes en armure métallique avec leurs chevaux et leurs chiens dressés, et contre les arquebuses qui crachaient du feu, les indigènes ne purent lutter. Les aborigènes cessèrent alors leur résistance armée et s’inclinèrent devant les nouveaux maîtres qui parlaient une langue étrange et adoraient un autre Dieu lointain mais non moins implacable.

La grande cité « Teyuna » fut rapidement pillée, brulée, et les femmes violées. Malgré leur résistance – Santa Marta fut brulée 20 fois en 150 ans – en quelques générations, leur culture fut totalement anéantie.

Grand Bataille des Taironas
Bataille de la Cité Tayuna

Cependant une poignée d’entre eux, trouva refuge dans  les vallées inaccessibles de la Sierra Nevada, en direction des sommets enveloppés de brouillard. Ce domaine sacré était alors quasiment inhabité.

Avant que les espagnols n’arrivent, les Taironas avaient déjà été forcés de se réfugier dans les hauteurs de la Sierra Nevada vers l’an 1000, envahis par les indiens Caribs. Avec le temps ce retrait s’est avéré salvateur et aura permis aux Kogis de vivre coupés du monde jusqu’aux années 50.

Ou habitent les Kogis ?

Les Kogis vivent sur un massif montagneux isolé en forme de pyramide appelé la Sierra Nevada de Santa Marta. Elle est la montagne côtière la plus élevée du monde : à peine 40km séparent la mer de ses pics enneigés culminant a 5775m. Si on prend l’Everest sur la base de son plateau, la Sierra Nevada est plus élevée.

Nombreux géologues la décrivent « une copie miniature de la planète entière ».

La Sierra Nevada aurait fait surface il y a plus de 300 millions d’années, tandis que la Cordillère des Andes, beaucoup plus jeune, aurait à peine 15 millions d’années. La Sierra était donc une île avant que le plateau Colombien ne fasse surface.

Elle possède ainsi une variété d’espèces endémiques incroyables, et abriterait 7% de la biodiversité mondiale.

Sur ses 4 étages thermiques, on y trouve plages, forêts tropicales humides, jungle, forêt à brouillard, puis des Paramos à partir de 4000m.

Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie
Sierra Nevada - Crédit photo © Tristan Quevilly

Territoires indigènes

Dans la vision Kággabba, le territoire est délimité par les sites sacrés qui entourent la Sierra Nevada et forment une « ligne noire » invisible qui les sépare du territoire civil. Dans ces endroits se réalisent les offrandes, des consultations et collectes des matériaux pour usages rituels.

Des 1.700.000 hectares de la Sierra Nevada, à peine 364.390 hectares constituent le territoire indigène. 

Les plus grands villages Kogis de la Sierra s’appellent : Marwámake, Surumuke, Chendúcva, Surachuí , Avingue, Seyuyaku, Kasakumake, Gumake, Umandita, Kuisis, Nimaysi, Taminaca, Mamarongo y Jiwatá.

sierra nevada de santa marta colombie
Sierra Nevada vue depuis Palomino - Crédit photo © Tristan Quevilly

Officiellement la loi Colombienne n’a pas effet à l’intérieur de cet espace. Il s’agit de « resguardos Indigenas », et là bas c’est la loi indigène qui prévaut. Ainsi si quelqu’un commet une infraction dans leur territoire, il ne sera pas soumis aux lois colombiennes et ils pourront décider de l’enfermer pendant plusieurs mois si ils le désirent. 

Un accès limité aux territoires Indigènes

Aucun civil n’à le droit de passer cette ligne noire sans autorisation. Il faut avoir une permission spéciale pour pouvoir y aller, sans laquelle il est impossible de rentrer. C’est ce qui protège les Kogis. 

Seule la Cité Perdue et quelques villages près de Palomino sont accessible aux Civils et de manière controlée. 

Population

 

Les chiffres officiels de la DIAN ne comptaient en 2005 qu’environ 9000 indigènes Kogis vivent encore dans la montagne. Mais les chiffres sont peu exactes et se contredisent. D’autres recensements vont jusque 25.000. A l’arrivée des espagnols ils étaient presqu’un million.

Les Kogis représenteraient aujourd’hui 0.66% de la population indigène de Colombie.

Les 4 communautés de la Sierra Nevada

les Kogis ont aussi d’autres grands frères qui vivent dans d’autres versants de la Sierra Nevada : les Arhuacos, les Wiwas et les Kankuamos.
Crédit photo © Tristan Quevilly

Langue

 

Le Kággaba appartient à la famille de la langue Chibcha que l’on trouve plus au sud sur les plateaux andins, mais il aurait été mélangé avec la langue Arhuaca. 

Des 4 communautés que l’on trouve aujourd’hui, chacune parle une langue différente. 

kogis colombie
Crédit photo © Tristan Quevilly

Bien que les langues de la Sierra appartiennent à la même famille linguistique les indigènes ont du mal à se comprendre entre eux. 

Un Kogi comprend difficilement un Ika parler, cependant ils arrivent à assimiler le damana (langue Wiwa). La langue Kankuama quant à elle s’est éteinte il y quelques décennies. 

Les Kággabas n’apprennent l’espagnol qu’à l’école, et beaucoup ne le parlent que très peu. De fait, plus on monte dans Sierra, moins ils le parlent. 

84% des Kogis parlent encore la langue native, ce qui montre un haut niveau de conservation de la culture

Les Mamos parlent les 3 langues de la Sierra Nevada. 

 Mamus peuvent réciter  également en langue ancestrale, le Téijua (langue ancienne Tairona), qu’aucun Kogi du commun ne peut comprendre.

 

Dans le petit territoire de la Sierra Nevada on note déjà des différences d’accents et de mots entre certaines vallées. 

Dictionnaire Kogi

Français
Kággaba
Bonjour
Moun zekh
Bonne Nuit
Kun ze khue / Toun zekh
Bienvenue
Enchibe nakh
Une femme
Ezua munzhi
Un Homme
Ezua sigi
Un Enfant
Soma
Comment ca va ?
Saki minoje
Je m’appelle
Nes nakh juka
Comment tu t’appelles ?
Semi khajuka
Bien / Super !
Entchive

Croyances des Kogis

 

L’origine de la vie

Au début il n’y avait rien. Sé. il n’y avait que l’obscurité. Il n’y avait que la Mère Aluna, une pensée pure sans forme. Elle a commencé à penser, et elle a conçu le monde dans l’obscurité. Elle nous a conçu comme des idées. Comme si on pensait à une maisan avant de la construire . Elle a fait tourner le fil. Nous faisant tourner dans l’histoire. Nous créant dans la pensée. Puis vint la lumière. Et le monde était réel

Extrait de "Aluna le film"

Jate Sezhankwa : Les premiers être

Cette pensée était à l’origine de tout être. Et de là vinrent tous les premiers être spirituels, créateurs du monde Kogi : Sukui, Seyankua, Kajantana, Seinekun, Duguenavi y Seraira.

Cosmovision

La croyance Kogi est très proche de celle de la structure cosmique de l’univers. Ils pensent que tout est dualité. D’un point de vue cosmique le soleil sépare l’univers en 2 hémisphères, il y l’homme et la femme, le chaud et le froid, la lumière et l’obscurité, etc… 

Chaque groupe possède sa paire opposée. Dans chaque paire, l’un ne peut survivre sans l’autre. Ces opposés naturels sont une manière de garder l’équilibre dans la société, ou en « harmonie » (Yuluka)

Les Neufs Mondes

L’univers pour les Kogis se conçoit de manière symétrique à l’image d’une bobine de fil, dont le disque central limite les 2 parties Cosmiques. La portion supérieure est celle qui correspond aux parties illuminées, visibles et bénéfiques. Son monde opposé, inférieur, représente la contrepartie ténébreuse, en échelle de valeur jusqu’au monde inférieur.

Dans celle-ci existeraient 9 mondes, chacun avec sa propre terre et ses propres habitants. La terre est située au milieu, au 5ème étage.

Que représente la Sierra Nevada pour les Kogis ?

La Sierra Nevada est considérée comme un corps humain, où les sommets enneigés représentent la tête, les lagunes et les paramos forment le coeur, les rivières représentent les veines, les couches de terre représentent les muscles et les hautes herbes représentent les cheveux.

A partir de cette base, toute la Sierra est un espace sacré.

lieux sacrés kogi sierra nevada de santa marta
Lire la vidéo

Sur toute la planète et dans toutes les cultures il existe des endroits sacrés. Ces endroits connectent les être humains avec tous les être vivants de la planète, jusqu’au cosmos. C’est là que l’énergie vitale de la planète flue avec le plus de force. 

En effet pour le peuple Kággabba, la Sierra est Sé Nenulang – l’univers physique et spirituel avec tous ses composants. En elles sont les codes du reste de la planète. 

Les indigènes de la Sierra pensent ainsi que la Sierra Nevada de Santa Marta est connectée à toute la planète à travers ses lieux sacrés.

Le terre est comme le corps humain car elle est faite des même éléments. Coeur, foie, poumon. Comme le corps elle a des lois spécifiques qu'il faut connaitre et respecter pour éviter les maladies

Leur relation avec la Terre Mère

Le fait que les indiens Kogis ont des comportements hautement ritualisés, est intrinsèquement lié à leur territoire.

De ce fait, un Kogi ne plantera pas de graines, ne coupera pas un arbre, ne détournera pas un courant d’eau pour l’irrigation, ne construira une maison, ne récoltera pas de fruit, ni ne chassera un animal, sans consulter le Mamo, qui lui indiquera non seulement l’esprit auquel l’autorisation doit être demandée, mais également le lieu précis dans lequel le rite de paiement doit être effectué, afin d’obtenir une autorisation. 

Il faut rendre ce que l’on prend à la terre mère

Pour les Kogis, couper un arbre, c’est « cueillir un membre de la mère », chasser un animal, c’est « prendre un fils du propriétaire des animaux ». Actions pour lesquelles il faut « rendre dans le spirituel » ce qui est enlevé à la mère et aux esprits

Foret dans la Sierra Nevada de Santa Marta
Forêt dans la Sierra Nevada - Crédit photo © Tristan Quevilly

L’eau

L’eau représente tout pour les Koguis, un véritable être viviant, le sang qui circule dans les veines. Emprisonner l’eau dans les barrages paraît inconcevable, c’est comme se faire un garrot. 

La relation des koguis avec la mer est totalement différente : ils la comparent au liquide amniotique de la terre mère et considèrent qu’elle n’est pas faite pour se baigner. Lorsqu’ils effectuent des marches vers la mer, il font un tour sur eux même en guise de salutation.

Enfant Kogi qui saute dans la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie
Divertissements Kogis - Crédit photo © Tristan Quevilly

L’équilibre

Pour les Kogis tout est équilibre et harmonie. Si nous bouleversons cet équilibre sur la planète, s’ensuivent des catastrophes écologiques, comme des tremblements de terres, sécheresses, inondations, ouragans, etc…

Ils craignent, et ils n’ont pas tort, que nous les petits frères on détruise tout sur la planète. Nos Frères ainés pensent ainsi qu’il est de leur responsabilité de veiller sur l’équilibre de la planète. 

Lorsque des catastrophes écologiques sévissent de part le monde, les autorités spirituelles effectuent de grandes marches de « Pagamento » ( offrandes), dans le but de rétablir l’équilibre et rendre à la planète ce qu’on lui a pris. 

Les Offrandes

Bien que de nombreux sites de pagamento soient aujourd’hui connus du monde civil (comme le site de Piscina au Parc Tayrona), une grande partie ne reste connue que des Mamos. Des points spécifiques existent pour chaque type d’évènement. 

Le type d’offrande pourra aller du coton naturel aux coquillages, ou encore du quartz, pierre très riche en énergie selon la culture Kogi. 

offrande sacrée Kogi
Pagamento - Crédit photo © Tristan Quevilly

Organisation Sociale des Kogis

Selon la cosmovision et la mythologie Kággabba, le schéma social du village est basé sur la loi d’origine qui est la norme du comportement de l’homme envers la nature. 

A l’origine chez les indiens Kogi,  il n’y a pas d’organisation socio-politique impliquant une autorité centralisée, ni une organisation supra-communautaire sur un territoire donné. 

C’est très différent du sentiment qu’ils ont tous d’appartenir à un même groupe ethnique qui partage la même langue, les mêmes coutumes et la même religion ancienne. 

Au lieu de cela, il y a une mosaïque de communautés agricoles, organisées autour de villages et de centres cérémoniels, chacun dirigé par la figure dominante d’un prêtre autochtone. Chaque peuple, avec son Mamo et ses habitants respectifs, créent une unité autonome.

Hiérarchie au sein du village

Le Mamo, leader spirituel doté d’une conscience surnaturelle, est la figure représentative dans la vie sociale du village.  il est assisté par un secrétaire ( Takina, qui généralement est Mamo lui même).

Après le Mamo sont les commissaires majeurs et mineurs (Makotama) qui se chargent de faire respecter les lois et de gérer les dépenses du village. 

Ensuite viennent les cabos majeurs et mineurs (Seishua) également qui veillent à ce que le village reste attentifs aux demandes des supérieurs. 

Le reste du village sont les « Guás », et réalisent les travaux de vie quotidienne pour subvenir aux besoins du village. 

Pyramid of the Kogi social hierarchy

Le Mamo

Le Mamo ou Mama, représente la figure centrale dans la culture Kogi et incarne la loi sacré.  Il est la clé entre les pouvoir célestes et les hommes.

mamo kogui devant sa hutte en Colombie
Le Mamo - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Amenés à un niveau élevé de conscience, ils ont pour rôle de maintenir l’équilibre des forces dans le village mais aussi dans le monde entier, par le biais de chansons, méditations et offrandes rituelles. 

Pour le village Il joue le rôle de conseiller, professeur, médecin et sacerdote.

Une bon Mamo écoute les Guas en confession pour déterminer quelle offense contre la Mère à été l’origine des mauvaises récoltes. 

Le mamo, en bref, est le seul qui peut décider quand les nombreuses fêtes religieuses devraient avoir lieu, car il est un astronome accompli

Dans son isolement et sa distance, le Mamo est craint et respecté. Il a l’autorité et le pouvoir surnaturel de l’affirmer, et les Guás lui obéissent quand il parle parce qu’il est un bon Mamo, leur protecteur.

Lorsque le Mamo arrive, tout le monde se lève et le salue avec le mot « Haté ». 

Comment les Mamos sont ils choisis ?

Les Mamos sont sélectionnés dès le plus jeune âge. Le Mamo en place choisira en général le plus sage des enfants, et le plus « concentré ». Dès ses 5 ans, l’enfant est ainsi emmené dans des sites sacrés, dans la haute Sierra Nevada, où on lui enseigne à méditer sur le monde naturel et spirituel. La mère du choisi a le droit de lui rendre visite le soir, et de lui chanter des chansons. L’enfant alors se met à danser. Puis elle doit repartir et le laisser. 

C’est une formation qui dure un minimum de 18 ans. 

Selon la légende, on dit que l’apprentis est enfermé dans une grotte pendant toute la durée de sont apprentissage. Donc, un Moro (apprentis mamo) ne sait rien de rien. Il ne voit jamais d’arbres ni d’oiseaux, il ne sait rien du monde en dehors de sa grotte. Il ne sera pas autorisé à voir la lumière pendant toutes ses années et dédiera son temps à élever sa conscience au niveau supérieur. 

Pour le rendre fort, ils le frottent, ils le massent avec une sorte de tissu fabriqué à partir de Watta. 

Il doit suivre un régime alimentaire très spécial. On lui donne a aussi une sorte de pomme de terre ainsi que du maïs blanc, le tout accompagné d’une larve blanche. Il ne boit que de l’eau purifiée dans les mortiers de pierre de la maison, de l’eau bénite.

Puis l’enfant apprend en écoutant, en écoutant spirituellement, la connaissance lui vient d’Aluna

Lieu Sacré - Crédit Photo © Tristan Quevilly
Kogis Colombie Sierra Nevada de Santa Marta
The Kid - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Les Village Kogis

Les Kággabbas habitent des petits villages appellés Kuibulos.  Les villages comptent entre 20 et 40 huttes en moyenne. 

Chaque famille dispose de 2 parcelles ou plus dans les alentours, l’agriculture étant l’activité principale de l’économie. Ils ne reviennent au village que pour les jours de réunions à la demande du Mamu

village kogi dans la Sierra Nevada
Village Kogi - Crédit Photo © Tristan Quevilly

La Hutte de Cémémonie : Nunkhue

Chaque Kuibulo possède également 2 « Nunkhue » ou « Cansamarías, qui sont les huttes principales dédiées aux réunions

Son architecture est différente de celle des autres huttes. Beaucoup plus grande que les autres, elle comporte deux entrées opposées. 

Seuls les hommes peuvent entrer dans la Nunkhue – c’est ici que les affaires du village sont discutées, et que la tradition est transmise. 

Les femmes ont également leur propre Nunkhue. Lors des cérémonies hommes et femmes sont alors séparés, et les discussions varient. Les femmes sont souvent chargées de transmettre la tradition à leurs enfants.

L’architecture de la Nunkhue est hautement symbolique et représente en fait les neuf mondes qui composent le cosmos.

nuhue hutte cérémoniale kogi
La Nunkhue - Crédit photo © Tristan Quevilly
On peut distinguer que ses murs sont différents de autres maisons, car ils sont faits de fibres de roseaux, tandis que les maisons sont faites en « vareque », mélange de terre de paille et d’eau, afin de mieux retenir la chaleur. 

La tradition veut que les hommes entrent par une entrée et sortent par l’autre. Lorsque les réunions officielles sont programmées, les kogis apportent avec eux une branche de bois en guise d’offrande, et servira à alimenter le feu lors des longues nuits de réunions. 

Cette tradition est encore d’actualité, même à l’école les enfants apportent une petite branche pour alimenter le feu pour le repas du midi. 

maisaon kogui dans la Sierra Nevada
La hutte du Mamo - Crédit photo © Tristan Quevilly

 La Maison

Lorsque l’on regarde de plus près leur mode de vie, ils ne génèrent quasiment aucune pollution. Leur maisons sont faites avec uniquement les matériaux naturels qui les entourent :principalement en torchis, bois et palma seca (variété de palmier).

A l’intérieur, on ne trouve que le stricte minimum. Le foyer central, et éventuellement une petite étagère, un petit hamac et rien de plus. Les Kogis dorment à même le sol, sans aucun matelas ni couverture, se réchauffant à la chaleur du feu. Et pourtant, je peux vous dire qu’il peut faire frais dans les hauteurs de la Sierra Nevada. De vrais guerriers ! 

Un guide une fois me racontais que cette maison est une sorte de métaphore de la terre. Sa forme circulaire évoquerait la planète, dont le foyer serait son magma gestatif, et les murs sont écorce. 

Les hommes se réunissent et s’entraident pour construire les maisons. Une cérémonie est souvent menée par le Mamo lors l’inauguration de celle ci.

construction maison kogi
Contruction d'une maison - Crédit photo © Tristan Quevilly

Les 2 extrémités que l’on voit sur le toit sont aussi une métaphore des 2 sommets sacrés de la Sierra Nevada de Santa Marta. Elle permettrait de se connecter également avec les énergies du cosmos. 

Voix Lactée sur une hutte kogis colombia sierra nevada santa marta
La Nunkhue - Crédit photo © Tristan Quevilly

La Famille

L’organisation sociale est également soutenue par l’unité familiale, conformée par l’époux, l’épouse, les enfants célibataire et les filles mariées avec leurs époux respectifs. 

Il s’organisent en lignée patri-linéaire et matri-linéaire, les premiers étant dénominés « Tuxe » et les deuxièmes « Dake ». Les enfants appartiennent à la ligne paternelle et les filles à la lignée maternelle. Chaque segment de lignée est rattaché à un village et une maison cérémoniale. 

En général le fils reçoit l’héritage du père et la fille de sa mère. Ainsi, les hommes sont les propriétaires des terres et de l’élevage, et les femmes sont propriétaires des maisons

famille kogui dans la sierra nevada santa marta colombia
Famille Kogi - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Economie de Kogis

Les Kogis vivent pratiquement en autarcie dans la Sierra, et par conséquent des revenus financiers minimes.

 L’argent du village est géré par le Commissaire et sert principalement aux voyages , lorsqu’ils doivent se réunir entre communautés, ou encore pour la réalisation de travaux collectifs comme l’entretien des sentiers et la constructions de ponts. 

Le Travail communautaire

Dans les villages les plus traditionnels, les récoltes de fruits et légumes sont faites ensemble avec la famille ou entre hommes. Les récoltes seront redistribuées équitablement en fonction du travail que chacun aura effectué.

L’un des uniques apports financiers que j’ai vu est apporté par le travail des femmes et la conception de mochilas en fiqué. Elles sont malheureusement vendues à des prix ridiculement bas par rapport au temps passé à le faire et la valeur qu’elles représentent. Une mochila tissée par un savoir faire ancestral, en fibre entièrement naturelle, devrait valoir une fortune !

Le concept de Zhigoneshi

Zhigoneshi : tu m’aides et je t’aide. Il s’agit de l’échange de travail sans salaire. Les beaux-frères et les frères sont préférés, mais ça peut être avec les voisins. Elle est mesurée en jours ouvrables, qui doivent être payés au moment de la demande de la contrepartie. 

Le non-respect de l’obligation de fournir les services peut être porté à l’attention du commissaire, qui soulèvera le cas dans le Nunhué, sous le regard du reste des hommes de la communauté. En aucun cas cette non-conformité n’est portée au Mamo.

Alimentation

L’alimentation des Kogis repose principalement l’agriculture de subsistance. Autrefois ils avaient accès aux quatre étages thermiques de la Sierra Nevada mais la réduction de leur territoire par les fermes de colons les a limité à une parcelle par famille.
 

L’arrivée des colons au 15ème siècle a bouleversé leur alimentation. Ils ont connu un grande perte de qualité alimentaire avec l’introduction de nouveaux végétaux riches en amidon. Cela aurait beaucoup affecté leur métabolisme.

La Pêche

Avant l’arrivée des espagnols Il semblerait que les Taironas pêchaient un peu. Certains disent que le site de la piscina dans le parc Tayrona aurait été créé par les indigènes afin de créer un bassin et pêcher plus facilement. 

L’agriculture

La perte d’accès à la mer a également coupé les flux d’échanges et de troc entre les différents étages de la Sierra qui leur permettait d’avoir une alimentation plus variée. En effet sur la côte, tout se paie…

Ceci dit les indiens Kogis savent habilement utiliser les différences d’altitude pour obtenir des récoltes à différentes époques de l’année.

Sur le dessin ci-dessous, on peut bien se représenter leur alimentation :

alimentation des kogis
Représentation des étages thermiques de la Sierra Nevada

Ancestralement, Ils cultivaient la pomme de terre, le manioc la malanga, la patate douce, le maïs, la fève, le haricot, etc… Sans oublier la feuille de Coca, nourriture énergétique et spirituelle. 

Depuis leur retour près des terres colones, il se sont mis à la culture mûre et du Lulo qui sont endémiques de Colombie. 

Le café , bananes plantain, bananes sucrées, mangues, ananas, cane à sucre font désormais partie de leur agriculture, mais ce sont des végétaux introduits par les colons.

Ils élèvent également des animaux domestiques pour compléter leur alimentation, et ne chassent plus comme autrefois. 

Indiens kogis en train de cultuver dans la sierra nevada santa marta colombia
Préparation de la terre - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Des techniques de cultures contradictoires

Bien que les Kogis vivent en harmonie parfaite avec la nature, ils pratiquent une méthode de culture un peu contradictoire : le brûlis. Souvent, durant mes balades, je les ai souvent vu mettre le feu à des flancs de montagnes sans aucun contrôle sur son ampleur. 

C’est effectivement beaucoup plus rapide que de tailler à la main, et cela rapporte de bonnes récoltes pendant les premières années. Cependant cette technique entraine de lourdes conséquences écologiques sur les micro organismes et bactéries nécessaires à la montagne. 

 

Santé

Le système médical est un aspect important et d’usage quotidien. Dans le système de santé Kággaba, se sont les Mamu qui maîtrisent la science des plantes. Il pratiquent des orations sacrées tandis qu’ils appliquent diverses mixtures à base de plantes, résines, minéraux, pierres et autres éléments naturels de leur environnement. 

plante medicinale sierra nevada
Plante médicinale - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Dans les bas étages de la Sierra, le gouvernement Colombien a mis à disposition des infirmeries. Cela chamboule malheureusement le système de santé Kogi et la connaissance des plantes est en perdition. 

Pour les villages les plus traditionnels, Les maladies attrapées dans la Sierra ne seront soignées que par les plantes. Cependant pour les types de maladies provenant du monde civil, ils s’autorisent en cas d’extrême urgence d’avoir recours à la médecine occidentale.

Les enfants souffrent souvent de bronchites, car il n’y a aucune évacuation de la fumée dans les huttes. En saison des pluies lorsque le bois est humide la maison se transforme vite en bain de fumée dense. Malgré avoir un mode vie très sain, c’est l’une des choses qui affecte le plus les jeunes enfants. 

On se souvient ici d’un cas de grave épidémie qui a sévit dans le village de Taminaka, et qui a malheureusement fait 11 victimes avant que les Kogis ne puissent demander de l’aide au gouvernement. Situés à 3 jours de marche de la première ville, ils n’avaient plus la force de marcher et ont du être évacués par hélicoptère. 

Education

Selon un recensement de la DANE en 2005, le pourcentage de la population Kággabba qui ne sait ni lire ni écrire est de 81,66%. 
Ceci est relatif car une partie plus élevée de la population estime avoir un certain degré d’étude. 
ecole kogis dans la sierra nevada santa marta colombia
Crédit Photo © Tristan Quevilly
Depuis quelques années, les villages sont maintenant équipés d’une école. Celle-ci n’est pas d’architecture typique, mais il l’autorisent car ce système vient d’en bas.

Dans les hauteurs, les professeurs est en général natif indigène et enseigne en Kággabba et en espagnol, mais dans les parties les plus basses de la Sierra, les professeurs sont mixtes civils / kogis.
 
Pour l’avoir vu en action, le niveau d’étude reste cependant superficiel et de courte durée. Les cours durent environ 6h par jour, et la plupart des enfants étudient jusque 13-14 ans avant de passer aux travaux agricoles. 
 
Certains enfants vivent parfois à 4h de marche de l’école et restent au pensionnat avant de repartir à la ferme le week end. Parents et enfants apprécient énormément l’école pour une chose : les repas gratuits et variés. Cela les change du malanga et yuca quotidien de la maison. 
 
L’école est-elle bénéfique aux enfants Kogis ?
On peut se poser des questions sur le droit aux études imposé à ces communautés, dont le savoir s’est transmis de manière orale depuis des siècles. 
Le fait d’apprendre l’histoire et les sciences du monde civil  influence sans aucun doute le comportement de cette nouvelle génération que est aujourd’hui dans un certain dilemme : celui de rester dans la tradition de leur village, et la tentation d’aller voir ce qui se passe ailleurs. 
enfants kogis jouant dans un village de la sierra nevada santa marta colombia
Enfants contents de sortir de l'école - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Coutûmes & Traditions Kogis

 

Le Passé et les Traditions

Les Kogis est l’un des peuples qui a su le mieux conserver ses traditions au travers du temps. Le respect des traditions est au centre de la culture. Lors des réunions, où la traditions orale est la base de l’enseignement. Ils se racontent des anecdotes, dont certaines remontent à des siècles ! 

Un facteur à prendre en compte est que pour se protéger des atrocités des conquistadors espagnols, les Kogis se sont vites réfugiés dans les hauteurs imépénétrables de la Sierra Nevada.  Ils ont ainsi vécu quelques siècles supplémentaires sans avoir de contact avec la civilisation. Cet isolement leur a permis de subir moins d’influences du monde civil que d’autres cultures. 

Une fois, lorsque je dormais dans un village indigène de la Sierra, j’étais impressionné par le confort de notre hutte : il n’y avait presque rien en terme de confort, mis à part le feu au centre et quelques bûches de bois pour s’assoir. Je demande alors à mon hôte : « Mais puisque vous avez déjà vu des chaises, tables,  des lits, pourquoi vous ne vous en construisez pas pour vos maisons ? ». Sa réponse à été simple. Elle m’a répondu : « C’est contre la tradition ».  

La meilleure façon de communiquer avec nos ancêtres et de rendre nos traditions ancestrales en faits

Le Mariage

Les Kogis sont principalement Exogames, et doivent trouver leur épouse hors du groupe.

Avant de se marier, un homme doit présenter sa dulcinée au Mamo. c’est lui qui autorisera ou non cette union. 

Pour célébrer leur union, le Mamo le remettra 2 quartz auxquels il transmettra de bonnes énergies par des orations et chants spirituels. 

Il y a beaucoup de couples Kogis et Wiwas. Généralement la femme est Kogi et parle les 2 langues : le Kággabba et le Damana. 

Les enfants de ce couples parlent le Kogi, mais dans certains cas le père enseigne le Damana à ses enfants.

mariage kogis sierra nevada santa marta colombia
Crédit photo © Tristan Quevilly

L’enterrement

Pour les Taironas le passage à la mort était aussi considéré comme un grand voyage, durant lequel il allait passer plusieurs péages. C’est pourquoi ils lui remettaient pour ce voyage ses objets favoris et ses quelques richesses.

Selon l’anthropologue Autrichien Gerardo Reichel-Dolmatoff, l’enterrement Kogi est encore proche du rite pratiqué par les Taironas. Une métaphore sur la période de gestation, mais dans le sens inverse. Un retour dans le ventre de la Terre Mère. 

Le Mamo participe dans divers rituels pour célébrer les cycles de la vie de la naissance jusque la mort. Bien que chaque cycle de la vie soit célébré, la cérémonie d’enterrement a beaucoup d’importance pour la culture Kogi. 

Dans cette communauté, la mort n’est pas vue comme un tragique  évènement sinon comme un accomplissement de la vie.

L’enterrement dure environ 2 heures et est célébré sans prières ni chants, ce qui pourrait paraitre simple. En réalité il s’agit d’un rite de « cosmification ». En effet quand une personne meurt, les Mamos les renvois de retour dans l’uterus de la Pacha Mama. 

urne funéraire tairona
Urne funéraire Tairona - Crédit photo © Tristan Quevilly

Le défunt est ainsi remis dans le ventre de la terre mère en position de foetus. L’enterrement se passe en plusieurs fois. L’âme du défunt étant encore présent pendant plusieurs mois, le corps est enterré dans le centre de la maison dans une urne funéraire, le temps qu’il quitte son enveloppe charnelle. Ce n’est que 9 mois plus tard, après que le défunt connait son deuxième enterrement et que les restes sont remis à la nature. 

La feuille de Coca

La feuille de Coca appelée « Ayu » par les Kogis est une plante sacrée. Elle joue un rôle central dans la vie quotidienne, et est une manière de se socialiser. 

Depuis les Taironas, la Coca est une nourriture alimentaire, de part sa riche teneur en vitamines et minéraux, mais elle est aussi une nourriture spirituelle.

enfant kogui dans les feuilles coca
Enfant dans un champ de Coca - Crédit photo © Tristan Quevilly

Ses vertues énergisantes leur permet par ailleurs de de garder des forces lors des longues marches dans la Sierra Nevada, tout en leur coupant la faim.  

Lors des longues cérémonies, elle leur pemettra de rester eveillés jusque 3 nuits d’affilé. 

Dans la traditions seuls les hommes ont el droit de mâcher la Coca. Cependant c’est la femme qui en récolte les feuilles. Dans le processus l’homme s’occupera plus de préparer la terre. 

Préparation de la feuille de Coca 

Une fois la récolte terminée, les hommes font sécher la feuille de Coca de manière accélérée. Pour cela il mette une pierre ronde sur le feu pendant quelque minutes jusqu’a qu’elle devienne brûlante. Ensuite il la place dans une mochila dans laquelle se trouvent les feuilles et secouent le sac afin de ne pas bruler les feuilles. 

Wiwa qui prépare ses feuilles de coca au bord du feu
Wiwa en train de sécher ses feuilles de Coca - Crédit photo © Tristan Quevilly

Chaque homme porte sur lui une petite mochila avec des feuilles de coca, qu’il mâche pour obtenir un effet légèrement stimulant. 

Lorsque deux hommes se rencontrent, une poignée de feuilles sont échangées en signe de respect mutuel.

Le Poporo

Le Poporo représente la carte d’identité pour chaque homme. Il est composé de 2 accessoires : une sorte de calebasse évidée qui contient coquillages écrasés, et représente la féminité. Le deuxième accessoire est une tige de bois, qui quant a elle représente la masculinité. Elle sert à porter la poudre de coquillages jusque la bouche, tandis qu’il mâchent la Coca. La forte alcalinité des coquilles réagit au contact de la coca et libère ses principes actifs. 

poporo kogis sierra nevada santa marta colombia
Le Poporo - Crédit photo © Tristan Quevilly

Ces coquillages se trouvent à des endroits spécifiques de la côte caraïbe, et ne se récoltent pas de n’importe quelle manière. La mer les dépose la nuit, et il doivent les récupérer avant qu’elle les reprenne le matin. 

C’est à l’occasion de pèlerinages en famille ou lors des cérémonies en bord de mer que les Kogis vont les ramasser. 

Les coquillages sont bouillis pendant de longues heures jusqu’a ce qu’ils deviennent tout blanc. C’est ensuite qu’il sont broyés pour obtenir la poudre du poporo.

Après avoir mâché, la poussière de coquillage restante, mélangée à la salive est déposée sur le col du poporo et finit par devenir avec le temps un col épais. La forme de chaque popora étant entièrement  unique, cela représente en quelque sorte la carte d’identité de chaque homme. 

Avec le temps , l’orifice du poporo se couvre d’une fine couche de calcium durcie par le frottement répété du bâtonnet.

La valeur spirituelle du Poporo

On voit souvent les indigènes frotter leur bâton sur le Poporo, de manière machinale, bien que le bâtonnet soit déjà sec… Il s’agit en réalité d’un geste hautement symbolique :  ils consignent ou « écrivent » leur pensées sur leur Poporo. 

Ainsi quand on voit la taille de certaines embouchures, on peut estimer le niveau de sagesse de la personne, et imaginer le niveau de conscience qu’il a acquis. 

poporo kogui
Crédit photo © Tristan Quevilly

Pour un garçon, le don du premier poporo marque son rite de passage à l’âge adulte. C’est le Mamo qui décidera quand l’enfant est prêt pour le Poporo, selon son niveau de maturité. Il devra alors passer 3 nuits sans dormir et écouter les récits du leader spirituel qui lui enseigne la vie et comment devenir un homme.  

La Coca et la Conscience Kogi

Elle est comme la Wifi pour les Kogis et leur permet de rester concentrés et connectés avec la Pacha Mama. Ils sont ainsi en permanence en état de conscience avancée. Leur arrivant de mâcher pendant plusieurs jours d’afilé sans dormir, c’est cet état de concentration élevé qu’il leur aiderait à prendre le recul suffisant sur le monde, savoir ce qui est réellement nécessaire dans la vie de toujours et ce qui est vital pour la planète. 

Le dilemme de la Coca pendant la Guerilla

Mais la coca est également cultivée par les colons non autochtones comme matière première pour la cocaïne. La Colombie est depuis longtemps la capitale mondiale de cette drogue et sa production a eu des conséquences dévastatrices pour la population autochtone.

Malgré le caractère pacifique des Indiens, ils ont souvent été pris entre deux feux croisés entre l’armée et des groupes armés illégaux. En conséquence, beaucoup sont morts assassinés, d’autres ont été forcés à la cultiver et le reste obligé de fuir à cause de ce type de guerre civile qui ravage leurs terres.

Les colons cultivent la coca pour le trafic de drogue, principalement financée par le conflit armé entre groupes de guérilla et paramilitaires, occupant les bas sommets de la Sierra au cours de la longue guerre civile qui sévit dans le pays.

Que représente la marche pour les Kogis

L’action de marcher dans la Sierra est également une métaphore sur l’acte de tissage. Entretenir les sentiers de la Sierra par la marche serait assimilé à l’acte de tisser une mochila. 

Art & culture

 

Les Mochilas

L’activité de tissage est un rôle généralisé et valorisé au sein du peuple Kággabba et fait purement partie de la tradition kággabba. Ce sont les femmes qui pratiquent le tissage.

La Mochila est un sac utilisé pour le transport des effets personnels. 

Les femmes réalisent leur première Mochila dès le plus jeune âge. Les petites apportent leur première Mochila au Mamo qui lui fera une bénédiction. 

Rapidement le geste devient inné, à tel point qu’elles pratiquent cette activité tout en randonnant dans la Sierra Nevada. 

mochila kogi
Tissage d'une Mochila en Fiqué - Crédit photo © Tristan Quevilly

Les fibres qu’elles utilisent sont 100% naturelles, telles que le fiqué et le coton. Celle en fiqué est d’usage courant, tandis que celle en coton, sera porté en signe d’élégance ou par les personnes importantes.

Les teintures utilisées sont des racines, feuilles et écorces d’arbres.

Il faut entre 1 et 2 mois pour réaliser une mochila. Quand on se rend compte qu’elles sont vendues 40.000 Peso (13 euros) pour autant de travail cela fait mal au coeur…

Chaque ethnie de la Sierra à ses propres motifs et techniques de tissage, et chaque motifs ont leur propres signification. Les Arhuacos ont une technique totalement différente et utilisent beaucoup la laine. 

mochila arhuaca
Mochilas Arhuacas en laine - Crédit photo © Tristan Quevilly

Usage de la Mochila

Il existe 2 types de Mochilas, l’une dédié au transport des aliments en général en grosses fibres, et l’autre pour les provisions.

L’usage de la mochila n’est pas le même entre les hommes et les femmes. En effet, on ne vera jamais les femmes porter la mochila à autour du coup sinon en bandouillère autour de la tête, notamment pour porter les bébés.

Les hommes porte 2 voire 3 mochilas. L’une d’entre elles sert à porter le Poporo, et il a également une plus petite mochila à l’intérieur de la première qui servira à stocker ses feuilles de coca.

J’ai aussi entendu dire que  lorsque les hommes portent la mochila en croisé, cela représente un signe de retirement spirituel. 

Cette Mochila est aussi très pratique pour distinguer les enfants. Quand ils sont petits, ils ont déja tous les cheveux longs et la même toge. La mochila permet ainsi de reconnaitre les garçons des filles car les garçons portent la mochila et les filles portent des collier

Kogis Colombie Sierra Nevada de Santa Marta
Garçon Kogi - Crédit photo © Tristan Quevilly

La Musique

La musique est un moyen de transmettre des histoires et des visions. Elle s’appelle Chicote, comme celle des Wiwas. 

La musique Kogi se caractérise par un son monotone et répétitif, un chant à la nature. Seuls les Mamos peuvent interpréter un instrument appelé kuiguma, fabriqué avec une coquille en morrocoyo. 

J’ai même vu une fois un instrument peu commun chez les kogis : la tortue. Il frottent leur main sur l’orifice de la carapace vide, et cela produit une vibration dont le son est proche des bols tibétains. 

Pour les autres instruments, ils utilisent des éléments tels que les coquillages de mer, et des morceaux de bois, et des instruments tels que les Gaitas (flutes faite de roseaux). 

Kogi entrain de jouer de la musique kogui lors d'une cérémonie dans la Sierra Nevada
Cérémonie Kogi - Crédit photo © Tristan Quevilly

A travers la musique, ils simulent les sons produits par la mer, les rivières et les animaux. Traditionnellement, les hommes jouent la Gaita, les maracas et le tambour, tandis que les femmes accompagnent en dansant avec des kumuna et kuckui, sorte de hochets attachés aux chevilles.

La Danse

Il existe 2 mots en espagnol pour le mot danser : Bailar et Zapatear. Le mot zapatear vient du mot zapatos (chaussures), et prend tout son sens avec les cultures indigènes. 

En effet l’acte de danser est souvent une connexion entre la terre et le cosmos. Les motifs des pas sont des hommages aux éléments de la terre, et les bras sont souvent utilisés pour rendre grâce aux éléments célestes.

danses kogis lors d'une cérémonie dans la Sierra Nevada
Crédit photo © Tristan Quevilly

J’ai eu la chance d’assister à quelques cérémonies où c’étaient les femmes qui jouaient la musique, et l’enseignaient aux enfants, tandis que les hommes étaient réunis dans la Nuhue. La cérémonie peut durer jusque minuit voir plus tard, soit dans la hutte, soit à l’air libre. Les enfants apprenaient ainsi la tradition avec la danse de l’eau, la danse du colibri, etc..

La répétition du rythme et des pas emmène les danseurs au bout de plusieurs heures dans une certaine transe. 

Vestimentaire

Les habits Kogis s’appellent Yakna, tissus blanc qu’ils fabriquent eux même. 

tradition kogi
Crédit photo Wikimedia

Les femmes portent une tunique blanche avec une épaule dégagée, et portent de jolis colliers de perles multicolores.

femmes kogis habillées en tenu traditionnelles dans la sierra nevada santa marta en Colombia
Crédit photo © Tristan Quevilly

Les hommes quant à eux portent un long pantalon blanc appelé Kalasuna , ainsi qu’une chemise à manches longue, avec toujours avec leurs mochilas sur le torse

Habit traditionnel des kogis sierra nevada santa marta colombie
Crédit photo © Tristan Quevilly

Les habits sont réalisés sur un Telar  (métier a tisser) dont la forme représenterait les 4 ethnies par ses 4 extremités. Les croisement des barres du milieu représentent les Pics enneigés

telar taironas sierra nevada-santa-marta-colombia-19
Crédit photo © Tristan Quevilly

Les hommes réalisent eux même leurs habits. 

Les habits sont faits avec une variété de coton endémique de la Sierra nevada, dont les fleurs sont légèrement plus petite que le coton que nous connaissons

Le coton aurait la capacité d’emmagasiner les pensées comme une clé USB

Il arrivent que si un homme se comporte mal ou a perdu ses valeurs, le Mamo lui demandera de défaire tout son habit et de le refaire intégralement, afin de méditer, et re-consigner des pensées positives dans sa nouvelle tunique. 

les colliers ont des significations : selon les couleurs de pierres . Certaines couleurs sont pour l’eau, pour la coca, etc…

Je vais tisser la toile de ma vie
Je vais la Tisser blanche comme un nuage
Je vais tisser quelque chose de noir en elle
Je vais tisser des marques sombres du maïs,
Je vais tisser des marques maïs dans le tissu blanc
Je vais obéir à la loi divine

Chaque son dans la montagne est un élément du langage de l’esprit. Chaque objet un symbole d’autres possibilités

Pensée Kogi

Les pierres

bijoux taironas colombia
Crédit photo © Tristan Quevilly

L’or

Les Taironas, réalisaient des statuettes grâce à la technique de la cire perdue, qui permettaient d’avoir des reliques en volume d’une grande finesse en détails. La plupart des pièces étaient élaborées dans les siècles précédant la conquête, et certaines remonteraient au 6eme siècle. 

Statuette en or tairona sierra nevada santa-marta-colombia
Crédit photo © Tristan Quevilly

Malheureusement suite a l’anéantissement de la culture par les colons ces techniques d’artisanat ont complètement disparues de la culture indigène actuelle. 

Leur vision de l’or était totalement différente de la notre. Il était vu comme une offrande devant être améliorée par l’homme. 

Les pièces d’or étaient accrochées aux arbres comme offrandes, portées autour du coup comme bijoux, ou encore de nariguera (bijoux portés sur le nez). L’or portait en lui le mystère de la vie venant d’Aluna jusque la matière. 

Pour eux ce précieux métal n’était pas un signe de richesse, et pouvait s’échanger contre d’autres matières premières comme le sel que produisait les Muiscas.  

Les grands sites archéologiques Taironas

Ignorée du monde civil jusqu’aux années 70, la Cité Perdue ou Ciudad Perdida est le plus beau vestige de la culture Tairona. Un ensemble de plus de 250 terrasses au plein coeur de la Sierra Nevada. Celles ci y abritaient à l’époque un grand centre commercial (mais pas un Carrefour comme chez nous ! ). C’était sans doute le centre névralgique de toutes la Sierra Nevada, et on estime qu’au moins 3000 personnes y résidaient. Les terrasses était alors occupées par les maisons Taironas. 

C’est sans aucun doute la raison pour laquelle on trouve autant d’or sur ces lieux et que les guaqueros (pilleurs de tombes) ont complètement perdu la tête lorsqu’ils l’ont découverte. Ils ont finis par s’entretuer (bien fait pour eux…). 

cité perdue colombie
Cité perdue (Ciudad Perdida) - Crédit photo © Tristan Quevilly

Le Message des Kogis

Si nous abusons trop des ressources de la terre, il commence a se former un déséquilibre et s’ensuit le chaos et les catastrophe écologiques.

Depuis les années 90, à l’évidence que le réchauffement climatique commençait à sévir dans le monde, les Kogis ont envoyé un message au monde à travers des archéologues de l’université de Lampester, dans un tournage sponsorisé par la BBC. Les Kogis envoyèrent un avertissement aux « petits frères ».

Ce beau reportage d’1h30 réalisé par l’irlandais Alan Ereira a récemment été mis en ligne. Vous en découvrirez plus sur la culture Kogi et leur message :

aluna the movie
Lire la vidéo

 Comment les Kogis nous considèrent il ? 

Les petits frères ou « hermanitos menores » sont toutes les personnes qui ne font pas partie des village de la Sierra Nevada et qui ne connaissent plus ou ne pratiquent plus la loi d’origine. Ils nous considèrent comme des enfants. 

Pour les Kaggabba, la violence fait partie des petits frères qui ne connaissent pas de limite au moment d’exploiter les ressources de la planète, il ne cherchent que l’accumulation, ainsi qu’à s’approprier tout ce que la nature peut offir. 

message kogi
Message Kogi - Crédit Photo © Tristan Quevilly

Il ne faut pas croire que les Kogis nous accueilleront à bras ouverts dans leur société, bien au contraire, moins ils nous voient mieux ils se portent. Ils ont toujours une certaine méfiance lorsqu’ils nous croisent, et gardent toujours en mémoire les atrocités que les civils leur ont fait subir.

Bien qu’ils nous considèrent différents, ils ne coinçovient pas leur société séparés de nous du fait qu’il existe un seul monde et une seule mère. Une seule mère pour tous les humains et donc pour les grands frères et les petits frères.

Certains Kogis pensent que nous allons devoir aller jusque l’apocalypse, notre folie de destruction ne s’arrêtera pas. Il faudra donc passer par la destruction totale, qu’il n’y ait plus rien. Pour reconstruire sur de nouvelles bases.

Sauvage n'est pas qui vit dans la nature,
Sauvage est qui la détruit

Les Arhuacos sont égalements de fervents défenseurs de la nature

Je vous invite également à regardez cette magnifique vidéo « Voix des montagnes Sacrées » réalisée en 2018 à l’occasion des luttes contres les projets de mines dans la Sierra

arhuacos nabusimake sierra nevada
Lire la vidéo

Comment aider les Kogis ?

 

1. Protéger la nature

Pour aider les Kogis c’est très simple : commencer par vous aider vous même, autrement dit aidez la planète ! Leur message est clair et c’est tout ce qu’ils demandent.

On se croit tous un peu écolo, conscientisés et on dit souvent que ce sont les autres qui détruisent la planète. Mais quand on se plaint qu’ au brésil ils rasent la forêt Amazonie pour l’élevage bovin et l’huile de palme, et qu’ensuite on mange de la viande tous les jours, il ne faut pas chercher le problème plus loin….

Si on compare notre mode de vie à celui des Kogis, même ouvrir le robinet 5 secondes est une destruction. On ne se rend même pas compte que capturer l’eau c’est mettre la nature en péril, tellement cet acte quotidien de boire l’eau du robinet nous parait innocent et naturel. 

Bref on a du chemin a faire.

2. Ne pas leur rendre visite

Chaque échange supplémentaire avec notre culture les éloigne de la leur.

Le tourisme représente un grands danger et l’introduction d’argent dans leur société les éloigne des valeurs collectives pour des valeurs individuelles.

La meilleure façon de les aider serait alors de les laisser vivre en paix et les aider par le biais des fondations. 

Fondations qui aident les Kogis

Thekendukua : la célèbre association d’Eric Julien a permis a leur restituer plus de 1500 hectares. C’est pour moi la meilleure façon de les aider car on sait qu’ils laisserons la nature reprendre ses droits sur ces terres. Le retour des arbres, de l’ombre, de l’eau, de la vie sauvage, leur offrirait également plus de possibilités de se nourrir.

Shibldulda : Fondation récemment crée, et gérée par les Kogis eux mêmes. Je ne suis pas peu fier de cette initiative car c’est moi qui ai donné l’idée a Mamo Martin de la créer lors d’une discussion au bord du feu dans la Nunkhue. Elle a pour but d’aider les enfants Kogis de la Sierra Nevada. Site en construction. Vous en saurez plus bientôt.

TaironaTrust : Fondation anglaise créée suite au film « Aluna » réalisé par Alan Ereira.

Rendez vous en Terre inconnue

Lors de leur repérages en Colombie, j’ai rencontré les organisateurs de l’émission Rendez-vous en Terre Inconnue. Des gens exceptionnels et des aventuriers comme j’en ai peu connu. 

Ne sachant pas encore dans quel village ils allaient réaliser leur émission, ils cherchaient des infos, des endroits et des personnes de confiances pour le tournage. 

J’avoue que lorsque j’ai appris que l’émission se déroulerait là-bas, ca m’a fait mal au coeur.  Etant parti de France il y a 15 ans, je ne connaissais pas ce programme, leur concept ni leurs valeurs.

J’étais réticent à partager mes contacts et pensais que suite à la diffusion, beaucoup de personnes allaient vouloir leur rendre visite, que ca allait détruire encore plus leur culture. 

J’ai enfin pu la regarder ce mardi 4 décembre. Ils ont présenté les enjeux de la culture Kogi avec une extrême intelligence et sensibilité. 

Le message des Kogis à été transmis avec une force qui vous noue l’estomac, et j’ai même faillis verser ma petite larme à plusieurs reprises.

J’ai beaucoup apprécié le fait que les endroits du tournages soient révélés et c’était l’une de mes plus grandes craintes. 

Un grand bravo à cette équipe car je conçois très bien la difficulté pour que les Kogis nous livrent leur sentiments. 

Lire la vidéo

Et vous ? Qu’avez vous pensé de l’émission ? Quelles sont vos impressions sur le peuple Kogi ? Vous avez des questions supplémentaires ? 

Je serais heureux de connaitre vos impressions sur cette culture magnifique. N’hésitez pas à me le faire savoir dans les commentaires ci-dessous. 

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4 réflexions sur “Kogis Colombie : Indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta (+ Photos)”

  1. Françoise Chapelle

    Merci infiniment, Tristan, pour ce généreux & somptueux partage 🙂
    Depuis l’émission « RV en Terre inconnue », les Kogis occupent une place tout à fait particulière dans mon cœur. Quelle civilisation magnifique, exemplaire même !
    Franchement, je ne peux tout simplement pas en rester là & approfondis d’ores & déjà le sujet en lisant des ouvrages d’Eric Julien.
    En fait, la découverte d’un tel peuple aussi évolué me met du baume au cœur : donc, c’est possible de vivre sur cette planète pacifiquement, sans argent, au-delà de toute avidité ambiante & ce, en respectant la nature ! Cela me touche au plus profond de mon être !!! Quelle merveille ! Quel prodige !
    Namasté.
    Françoise Chapelle / France

    1. Bonjour Françoise, et merci pour votre message encourageant !
      J’avoue que j’ai découvert cette culture il y a 4 ans et je ne m’en remet toujours pas ! Ils m’impressionnent toujours autant, comme au premier jour ! J’espère effectivement qu’ils vont pouvoir continuer à vivre en paix sur leur bout de territoire, mais surtout quand dans les autres pays nous devenions un peu plus acteurs de la protection de la planète.
      Wa !

  2. Magnifique reportage , j’ai appris énormément sur les Kogis en lisant cet article tellement complet .
    Merci Tristan d’avoir su faire partager ton amour pour ce peuple , cette culture .
    Nous européens, nous devrions nous en inspirer fortement .
    Ils ont une telle sagesse et lucidité quant à l’avenir de notre planète bleue.
    Et merci d’avoir aidé «  rendrez vous en terre inconnue «  , une émission culte pour moi et de nombreuses personnes de mon entourage . J’ai adoré cette émission et j’ai versé de nombreuses larmes tant les Kogis sont émouvants . Frederic Lopez permet de nous faire découvrir des peuples inconnus , des cultures anciennes et des vies tellement différentes des nôtres. Ceci m’inspire beaucoup dans mes voyages , le respect , le partage et la curiosité de tout ce qui peut nous être offert en voyageant très simplement .
    Bonne continuation Tristan , bonne année 2019 , qu’elle soit comme le voudraient les Kogis .

    1. Bonjour Josianne, et merci pour votre commentaire !
      Comme expliqué plus haut, au début j’étais très sceptique quant au tournage de l’émission Rendez-vous en Terres Inconnues », ne l’ayant jamais vue. Ils ont vraiment fait un Excellent travail de réalisation. Le message des Kogis est passé avec beaucoup de force et touché beaucoup plus de monde que si ca avait été un reportage traditionnel. Ils vivent effectivement bien comme ca, et ils tentent tous de faire passer le message.
      Je tire également mon chapeau à Arnoult, qui a beaucoup travaillé dans l’ombre de cette émission. Il a fait les premiers repérages et tout organisé en amont. Egalement un Explorateur avec un E majuscule. Pour plus d’inspiration de voyage je vous invite à lire son livre : « La Mémoire des brumes, traversée clandestine chez les Papous de Nouvelle-Guinée « .
      Bonne continuation à vous ! Et oui ! A nous de jouer pour réduire notre rythme de consommation, ca sera notre bonne résolution 2019

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